La chaleur pénétrante qui m’arrache à moi-même
Et porte ma candeur au hasard de son souffle
Dissipe en peu d’instants les ardeurs qu’elle m’amène
Et, mordant ma conscience, voulant la rendre souple,
Voudrait laisser au sort le soin de mon bonheur
En ajournant gaiement le souci de ma coulpe.
Quand, tard, baigné dans un reflet, salaire de ma ferveur,
Je vais jaugeant les choses auxquelles elle m’accouple,
Elle jette entre mes sens l’aumône lourde et cruelle
D’un bouton de saveur qui m’émeut sans éclore.
Lors un espoir fragile, né dans l’azur vermeil,
Un cadeau du couchant, un baume de couleurs
Donne sa force à mon âme et lui rend son mystère,
En me rinçant le cœur d’un flot de lents regrets.
Illustration tirée du film Cache-cache pastoral(1974)