Une fleur a poussé
À l’endroit où hier j’avais posé mes lèvres ;
Le lierre en longs doigts fins comme fils
Sous une brume pâle file.
Sur ta peau blanche aux veines noires
L’on ne peut que trembler ;
Dans cette chair houleuse qui pourtant reste froide
Je ne sais pas ce que je cherche.
Le goût du sang dans ta salive
Fait naitre un désir lent et faux ;
Des mots se glissent entre nos lèvres ;
L’amorce sinueuse d’une énigme piégée,
S’étend dans l’arabesque de ta triste langue
Et les arborescences de ta peau marbrée
Épellent un mantra grinçant.
La peur est un nectar, elle coule entre tes dents
Pour l’audace absolue qui se suicide sur ta bouche.