Adrien Nicodème

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Odelette à l’appât

Convoitise lente et douloureuse

Que tes lèvres sont fades

Quand tu les donnes aux autres

Et que tes yeux sont âcres

À regarder de loin.

Quel déroutant voyage que de te désirer ;

Je m’écœure et m’embrase simultanément.

Affolant tes taureaux sans les tuer jamais,

À quoi te sert alors le rouge de ta bouche ?

Tu veux voir nos courbettes prendre racine en nous,

Défigurer nos silhouettes,

Tu aimes voir tes gens

Souillés de contorsions,

Sacrifier leur essence et se dénaturer,

Ta traine de suivants bariolée de miasmes,

Ah si l’idole est belle, qu’en est-il du culte ?

Pourtant j’y demeure

Et je sais plus ou moins

Quand je vois tes sourires

Que le baiser que tu promets

Et que sans doute tu me gardes

Goûtera le cadavre.