Sous de fraîches tropiques
Où les couleurs du crépuscule
Sont plus stridentes que jamais,
On se rase d’un tesson de verre
Devant de vagues reflets ;
Des échos envoûtants semblent nous parvenir
De la matrice des Éons,
Première syllabes d’un remède
Pour les ulcères nacrés qui écument au cœur
De nos deux cœurs arborescents.
Et des larmes s’évaporent de nos yeux fumants,
Qui sont leur propre nébuleuse,
Une onctueuse confusion
Où fondent les sinueuses arcades de nos promenades,
Skotophiles des plus banals,
Aux visages pleins de petites infections,
Le masque malade qui tente d’apprendre,
Comme l’immobile sous l’érosion des brumes.
Les vies de béante sincérité
Envient chaque seconde de
Cette acné qui s’illumine en couleurs fantasques.
Pourtant la coupe de fer entre en fusion parmi nos doigts
Et son vin bout, forme des nues maladives
Qui font osciller les vents ;
Des billes de chair sont envoyées
Rouler dans les boucles de jades ;
Lucide jeunesse
Tente de ne pas sombrer dans le firmament
Où des nymphes déflorées rêvent encore de se venger.
L’iridescente salive de nos plaies,
Ne suffit toujours pas à punir notre engeance d’
Avoir penser siroter vos soupirs
Au milieu des nuages.
Le sable reste chaud, des heures après la nuit,
Et l’on s’éveille du fond de nos planques ;
Sur le dernier pan de mur,
La paroi la moins délabrée des ruines où notre faim part en langueur,
La vitre d’obsidienne montre des ombres éblouissantes sur un pont infini,
Labyrinthe aérien de kilométriques balcons,
Et les cordes de soie volées aux nefs mortes
Pourraient encore s’appliquer à nos cous,
Tu sais,
Plutôt que lacer nos restants de chaussures,
Ou flageller les spasmes de l’obscurité.
Et les dômes fongiques laissent ruisseler les pluies fantômes
Qui leur servent de laque,
Quelque part, très haut où les lents essaims de purs regards
Clignent des ailes.
Nous devons partir bientôt
Si nous espérons piéger le vent dans nos voiles ;
Je sais
Que les piliers de lumière auront leur propre lierre
Dont les fruits nourriront la jeunesse maudite
Qui s’avance sur les mers carnivores.
Et je suppose que les fleurs oubliées vivent parmi les miroirs des palais de cristal,
De vieux miroirs solitaire, qui attendent un visage.
Et des hommes aux vêtures de pierre
Reflétant les lumières de l’an passé à quelques heures de l’aube,
Viendront peut-être, feulante ambassade, voir cailler le ciel,
Tandis que leurs mains dangereuses empliront les failles dans le sol de l’île,
Faisant une mélodie du souffle de ses grottes.
Et peut-être le temps, mangeur de dieux, voudra montrer son beau visage :
Des grâces d’entropie.