Tu as vomi ta gorgée de ciel
Mais ta bouche est ruinée,
Pleine de fissures vers d’autres mondes,
Débordée par cet âcre miel
Des ombres d’avenir qui salivent ;
Ta langue a fondu jusqu’au nacre
Et tes audaces maladives
Prennent un goût de sacre.
Tu n’es plus que ce lieu étrange
Où les saveurs se ré-agencent,
Se laissent unir par la musique
Vers des détresses extatiques,
L’esprit dévoré de détails
Aux purulences géométriques,
Étrange boue de vie,
Corrompue jusqu’à la lumière.
Tout ce plaisir fait un martyr :
Tu seras sauvé sans repentir
Car ton cancer devient organe !