Adrien Nicodème

Fictions, poèmes, traductions, articles et plus.

Une larme d’Ophanim

Peut-être aura-t-elle confié

Le fragment d’absolu aux blessures de la terre,

Une soif d’étoile

Si grande qu’elle avalerait un fleuve,

Quand nous n’avons qu’un puits

Et qu’il ne poussera qu’un miracle malingre.

Et toute l’eau de nos hectares,

Pourtant,

À faire croître sa chair ardente,

Son brasier de sève.

Ses fruits nous muriront la nuit,

Ruminant la douceur

De plus fraîches lueurs ;

Un jour des joyaux onctueux,

Aux longues cataractes

De sades gorgées.

Et leur saveur éblouissante

Aveugle le cœur à toutes sortes de hontes,

Toutes sortes de gênes,

Confère une audace sincère,

Naïve et douce,

Qui brusque nos désirs

En immolant nos songes

Aux lueurs sauvages,

Ivre de son propre sourire.

Et l’intériorité

Brille alors à travers

Les dernières secondes,

Devient cierge des limbes,

La lumière qu’on gravit là-bas

En essorant son âme.