
L’habitude de l’habitude lisse les trajectoires,
Achève ces années passées à désapprendre l’enfance,
Remplacée par des moues et deux ou trois axiomes,
De la sagesse un peu confuse,
Des règles qui s’effritent au long de la pratique
Et désamorcent tout de même nos plus laides humeurs.
Je me révèle tous les jours au fond de ce canyon,
Synthèse de méandres, de chantiers et de ruines
Où l’on ambule vers sa pitance de salut monotone ;
C’est ici qu’on est libre, au fond,
De sentir quelque chose,
Et pourtant…
Aux premières aménités d’un ersatz d’ondine…
Si je sais trouver la rigueur,
C’est qu’un sourire n’est pas venu.
Abreuvoir de nos songes
Et fontaine de brumes,
Vivier des sorts de six secondes
Et d’une unique pâmoison
Qui leur sert d’agonie,
Filant une invisible soie qui sera un brocard
À la trame du jour ;
La pudeur anarchique,
Qui invoque à tout va
Sans pourtant chercher rien,
Et qui tâtonne dans le havre
D’un peu de cruauté au silence impérieux…
Et quand je froisse tes fumées,
Je peux croire parfois
Que c’est bien d’elles et de leur faste
Que l’idée se maudit d’audaces,
S’empare de formes immémoriales,
Avides de scolioses,
Murît les esquisses cyniques qui sont les fleurs
D’un désert garroté de silence.
Et les nombreux fantômes de mon dernier sommeil
Auront parfois des rires qui leur viendront de toi ;
Passer la soirée à te plaire,
Flatter tes joues, unir nos souffles
Sème peut-être quelque chose
Dans l’âme parasite
De l’immortelle vocation.